A 16h, des centaines de fans font déjà la queue devant l'entrée de la fosse. Rappelons que le concert commence à 20h30. Certains d'entres eux on passé la nuit ici, pour être sûrs d'être les premiers à rentrer! Ils ont dormis sous des tentes de fortune - des grandes toiles de plastique tendues entre les grilles de sécurité. Ils sont encore assis dessous, tandis que d'autres, dans la file d'attente qui suit, sont debouts, sous des couvertures de survie (sans doute données par des vigiles apeurés de voir ces jeunes grelotter de froid). La queue s'allonge déjà jusque dans le milieu du Parc de Bercy voisin. Mais un mouvement de panique (ou plutôt une crise d'hystérie générale) vers 16h30, et la longue et paisible file d'attente se transforme en une grosse masse de gens sérrés les uns contre les autres. Qualité de confort: 0. Les premiers rangs sont simplement écrasés sur les barrières. A tel point que les vigiles sont contraints de créer un sas de sécurité en amont pour dégager un peu l'espace. Et il va falloir rester comme ça pendant quelques heures encore...
Pour ma part, je file je file jeter un oeil de l'autre côté du Palais, sur les marches. A ma grande surprise, la foule est déjà nombreuse. Pourtant, c'est l'entrée pour les gradins dont les places numérotées offrent la possibilité de venir au dernier moment. Mais quand on est fans...
Il est 20h, j'entre dans la salle, déjà noire de monde. Mon oeil est immédiatement attiré par l'immense scène en milieu de fosse qui se termine en une croix géante? La scène 'traditionnelle' est quand à elle cachées derrière une immence porte, entourée de deux colonnes. Deux questions hantent alors tous les regards que je croise: comment Mylène va-t-elle faire pour aller sur la scène centrale puisque rien ne la relie à celle du fond, et surtout, par où va-t-elle entrer cette fois?... Dans la salle, on croise pas mal de 'people' - Audrey Tautou, Benjamin Castaldi, Carole Bouquet, Natasha St Pier, Kamel Ouali, Laurent Ruquier, Raphaël, Geneviève de Fontenay... Comme quoi,le tout Paris médiatique ne déteste pas forcément Mylène! En tous cas, il ne rechigne pas à venir la voir...
20h35. Un écran descend sur le devant de la porte géante. Un message écrit par Mylène y apparaît, sous les ovations de la foule. La chanteuse nous invite à regarder un court métrage d'un artiste, Alain Escalle, qu'elle aime tout particulièrement (c'est à lui qu'on doit la conception des images qui seront diffusées pendant le concert). La film est beau, mais terriblement trop intimiste pour être diffusé dans une si grande salle surchauffée par la fièvre Farmerienne.
Le film fini, le public scandale de plus belle le prénom de celle qu'il est venu voir. Mais de longues minutes nous séparent encore d'elle. Soudain un cri puissant déchire Bercy: "Shut Up!". Et la lumière s'éteint. L'hystérie est collective. A vous emietter les tympans. Tandis que chancun regarde l'immense scène principale, un rayon lumineux guide vos yeux jusqu'à l'extrémité opposée de Bercy. Là tout en haut, un sarcophage transparent et éclairé de l'intérieur descend lentement sous les cris, les bravos et les pleurs. Six gaillards - dont on apprend plus tard qu'ils font partie de l'équipe de sécurité - accuiellent le cercueil en bas tandis que résonne de la musique de "Peut-être toi". Ils le portent tout au long de la scène du fond. Un immense pont descendu du ciel relie désormais les deux points en surplombant la fosse (créant au passage un mouvement de foule considérable, personne ne voulant rester sous le pont et rater l'entrée de la diva ). Arrivés sur la scène principale, les porteurs déposent le sarcophage qui se soulève, nous laissant enfin voir Mylène à l'intérieur. Son visage est souriant mais incroyablement crispé; elle retrouve son public, on imagine son émotion! Derrière elle, un immense escalier sans fin évoque une pyramide d'inspiration aztèque. Le cercueil s'ouvre, Mylène sort et entonne les paroles de "Peut-être toi". Elle est divinement belle.
La première chose qui surprend, c'est clairement sa coiffure. Courte et éclatée. Mutine et taquine. Coquine et enfantine. Un peu cyber manga. L'idéal pour "Peut-être toi". Pas forcément pour le reste du concert. On note aussi qu'elle à renoué avec les paillettes aux paupières du Tour 96. Et que sa tenue est, comme à l'accoutumée, délicieusement outrageuse (soutien-gorge, culotte, cuissardes), sous une pluie de lanières lui conférant un aspect à la fois animal et futuriste. La première chanson est déja finie. Pas le temps de se remettre de ses émotions, Mylène enchaine avec "XXL"? A la fin du morceau, elle nous salue et nous demande "un petit cadeau": chanter avec elle. Et nous voilà tous hurlant notre besoin d'amour...
Suivent "Dans les rues de Londres" et "California". Puis "Porno Graphique" sur lequel, du haut d'une petite platforme montante, Mylène exécute une petite choré originale et marrante. A la tout fin du morceau, des dnaseurs apparaissent enfin (Mylène sest restée seule en scène jusque là). Mais ils restent immobiles. C'est lorsque Mylène quitte la scène qu'ils prennent enfin vie, pour un flamenco endiablé sur l'instrumental de "Porno Graphique". Puis la lumière meurt. On entend alors les premières notes de "Sans Contrefaçon". C'est l'hystérie, Mylène apparait dans une tenue de plumes noires, arborant un immense chapeau haut de forme, tandis que, derrière elle, huit danseuses, affublées du même couvre-chef (mais rouge), reprennent le dress-code de cette chanson: la veste à carreaux (la version 2006 est colorée!). La réorchestration du morceau est un bonheur. La chorégraphie est celle d'origine. Un régal! Puis les huits filles et Mylène font tomber vestes et chapeaux pour un "Q.I" sensuel et hispanisant. Suit "Une belle journée". Troisième chanson dansée d'affillée. Puis extinction des feux. Musique orientalisante à la clarinette, puis nouvel interlude flamenco.
Silence. Eclairs partout dans Bercy tandis que gronde le tonnerre et qu'on entend la pluie tomber. La lumière revient sur la scène centrale cette fois. Une partie de la tructure pivote alors sur elle-même et laisse apparaître un piano (c'est magique!), tandis que Yvan Cassar monte sur l'autre extrémité de la scène sous les bravos. Il se met en place, commence à jouer. L'on entend alors la voix de Mylène. C'est "Ange, parle-moi". Mais où est-elle?! Comme au début du concert, c'est la lumière qui guide nos yeux vers le haut de Bercy. Mylène est au-dessus des gradins, à gauche de la scène, dans un immence lustre volant qui va parcourir toute la salle jusqu'à atterrir au milieu de la croix que dessine la scène centrale. Bercy oscille entre hystérie et larmes. La magie est là. Une fois sur scène, Mylène nous laisse voir une nouvelle tenue, pourpre, et enchaine avec "Redonne-moi". Mais elle n'ira pas au bout de la chanson, sans doute trop émue de voir son public de si près. Elle croule sous les peluches et les cadeaux, s'agenouille pour ramasser un petit singe en peluche et un paquet de fraises tagada (merci "Sept à Huit"), Lâche un "On va les partager" avant d'être gagnée par l'émotion. Elle ne cède pas uax larmes, mais fait signe à Yvan qu'elle ne terminera pas la chanson. Elle entonne alors "Rêver" sur lequel le public chante si fort que cela suscite un "Je vous adore" de la part de Mylène. Puis c'est "Ainsi soit-je...", tandis que les musiciens rejoignent Yvan sur scène. Mylène précise: "ça va être difficile de ne pas pleurer sur celle-ci". Elle tiendra pourtant le coup. Le stress de la première lui aura sans doute fait retenir ses émotions. Elle se lâchera plus volontiers les soirs suivants, notamment quand elle fera monter des fans sur scène, chose qu'elle n'a pas faite lors de cette première date. La chanson est finie. Mylène descend quelques instants de scène le temps de régler un petit souci avec son micro casque. Quand elle remonte, une mélodie bien connue envahit Bercy...
C'est "Désenchantée"! Les huits danseuses occupent la croix géante. Mylène les rejoint. C'est l'hystérie. Tout Bercy est debout! A la fin du morceau, Mylène présente un a un ses musiciens qui regagnent alors la scène principale par le pont qui est redescendu sur la fosse. Le public ce met alors à chanter "Désanchantée" seul, a cappella, tandis que Mylène traverse à son tour le pont, se penchant volontiers par dessus pour saluer les fans en dessous. Une fois arrivée de l'autre côté, elle reprend "Désenchantée" dans l'hystérie collective. Un peu de calme avec "Nobody knows", puis Mylène quitte la scène.
Elle revient perchée sur une platforme, et cachée au centre d'une colonne de tissu blanc. C'est "Je t'aime mélancolie". A la fin du premier refrain, la chanteuse sort enfin de sa cachette, révélant une nouvelle tenue noire, (cuissardes, shorty et soutien-gorge à nouveau, sous une veste)? Malgrès la choré d'origine, la sauce ne prend pas trop. Mylène enchaîne sur "L'amour n'est rien". Mais seule en scène, c'est un peu tristounet pour une chanson si légère. Le ballet de rideaux derrière elle ne suffit pas à egayer l'ensemble. Dommage: cette chanson aurait mérité mieux. Puis, c'est la surprise: "Déshabillez-moi". Sur un son électro rock puissant, Mylène reprend ce titre qu'elle n'avait pas chanté depuis dix-sept ans! C'est une réussite. La belle s'amuse et ça se voit. Le plaisir est partagé. A la fin, elle se trompe dans les paroles et chante: "Je me suis trompée" dans un rire mutin. Elle est humaine...
Suit l'émotion. Des roses géantes s'impriment sur les deux colonnes géantes qui entourent la scène. C'est "Les Mots". Mylène chante les siens . Lorsque arrivent ceux de Seal, on voit Abraham, le batteur, se lever et chanter en descendant l'escalier qui sépare sa batterie de la scène. Il est acclamé par le public. Sa performance est remarcable, même s'il s'est trompé dans les paroles, lors du second couplet. La chanson se finit par un petit smack entre les duettistes.
Puis vient "Fuck them all". Mylène éxécute une choré hispanisante avec les sept danseurs de flamenco, tandis que les huit danseuses sont en haut des marches, agitant les immenses manches de leur tenue de geisha. A la fin du morceau, le pont descend à nouveau sur la fosse (même un peu trop tôt d'ailleurs, il a dû marquer un temps d'arrêt car Mylène était encore sur l'avant scène), et tout le monde rejoint la scène centrale. Mylène se démène alors comme elle peut pour enflammer Bercy sur cette chanson. Mais ça ne prend pas. Elle présente sommairement ses danseurs et danseuses, puis retourne sur la scène du fond avant de nous saluer: "Merci. Bonne soirée." Bien sûr, on n'y croit pas trop, mais c'est le jeu...
La salle scande son nom, tape des pieds, des mains. Mylène réapparaît derrière un immense mur d'eau. Vêtue d'un somptueux manteau orange brodé de vraies perles de culture, elle est simplement divine. C'est "Avant que l'ombre...". En milieu de chanson, le rideau d'eau s'ouvre pour permettre à Mylène de venir à nous, une dernière fois. Il se referme derrière elle. Vient alors le pont musical: "passé... passé... passé...". Chaque mot se dessine sur la cascade d'eau. C'est magique! Le rideau liquide s'ouvre à nouveau pour laisser partir Mylène tandis que les cris aigus de la fin de la chanson résonnent dans la salle. des silhouettes semblables à celles de Mylène sur l'affiche se dessinent dans l'eau, alors que Mylène monte les innombrable marches du décor de fond, jonchées de chaque côté de lustres immenses et luxueux. A mi parcours, elle laisse tomber son manteau, laissant deviner une nudité à peine voilée par des dessous pailletés, comme pour abandonner les artifices avant le grand voyage. Elle se perd alors tout là haut dans un nuage de brume qui fait fantôme. Et l'on devine sa main nous saluant une dernière fois tandis que l'immense porte du décor se referme, laissant une salle émerveillée et émue. Cette sortie de scène n'est pas sans évoquer celle du tour 89.
Et voilà. C'est déjà fini. "Avant que l'ombre..." à Bercy, c'est déjà un souvenir. Un bon souvenir.
SET LIST (Vendredi 13):
Peut-être toi
XXL
Dans les rues de Londres
California
Porno graphique
Sans contrefaçon
Q.I
C'est une belle journée
Ange, parle-moi
Redonne-moi
Rêver
Ainsi soit je... (remplacée le troisième jour par "L'autre...")
Désenchantée
Nobody knows
Je t'aime mélancolie
L'amour n'est rien
Déshabillez-moi
Les mots
Fuck them all
Avant que l'ombre



